Un infracassable noyau de nuit. N7 

Histoire des hommes

Acrylique et pastels à l’huile sur toile - 30X30 cm - 420 euros

« Lasciate ogne speranza, voi ch’intrate »

La divina commedia, Dante Alighieri

À l’entrée de l’Enfer, la phrase semble abolir toute issue. Elle ferme, condamne, interdit jusqu’à l’idée d’un retour. Pourtant, Dante franchit cette porte sans que son voyage s’y achève.

Il lui faut descendre.

Descendre au plus bas, traverser les cercles, rencontrer les figures de la faute, de la violence, de la trahison, de l’égarement ; regarder ce que l’homme produit lorsqu’il se détourne de lui-même et des autres. L’Enfer n’est donc pas seulement un lieu de damnation, il devient, pour celui qui le traverse, l’expérience radicale d’un monde dont les repères se sont effondrés.

Dante n’y demeure pas, car au seuil d’un voyage qui conduira finalement vers la lumière, il lui est demandé d’abandonner toute espérance. Non pas nécessairement l’espérance d’un avenir, mais peut-être celle de conserver intactes ses certitudes sur lui-même, sur le monde, sur le bien, le mal et le salut. Il faut parfois perdre la voie droite avant qu’un chemin devienne possible. Il faut parfois traverser ce qui désoriente, ce qui défait les certitudes, ce qui nous prive momentanément de toute direction familière.

Dante traverse la nuit parce qu’il n’existe aucune remontée véritable qui puisse faire l’économie de la profondeur.

Certaines portes ne s’ouvrent qu’au prix d’un abandon ; certaines lumières ne se découvrent qu’après l’expérience de l’obscurité ; certaines orientations ne naissent qu’après que toutes les anciennes ont cessé de tenir.

Pao