Ciel bleu sans origine, une impression rapide, un décor sans les détails obséquieux à l’astre solaire qui déclineraient ses vibrations de lumière. Il est absent.

Des bleus posés en décor, pinceau rapide et impatient, l’intérêt est-il dans cet azur bousculé ou dans sa participation à ce qui s’expose ici : une énigme profonde, un trouble, une histoire... cryptique.

Tableau biparti, trois maisons d’enfants qui épaulent l’horizon. Blancs leurs murs. Rouge leur toit. Maisons grecques? ou andalouses, moulins irréels dont un chevalier à la triste figure a détruit les ailes ? Masures secrètes ? De contes anciens, exposées soudain au grand jour, tandis que la forêt dense et profonde, aux noirs recoins, habitat de figures telluriques, de créatures sombres a disparu comme un rêve de sous-bois. Portes fermées sauf une, ce qui semble une faible silhouette se détache, témoin figé muet sourd qui ne semble que voir.

Est-ce un horizon? Une ligne de crête sans doute taisant les arcanes tragiques vers lesquels nous voudrions descendre, nous ne sommes autorisés qu’à basculer dans cette palette de rouge.

Lais de désastres ou de soins. Charpies ensanglantées, jetées à coup de pinceau, sang clair sang sombre absorbé par ces tissus de soins, accumulées sans ordre dans ces pentes, seules traces de tant de blessures de chair vécues à l’ubac dissimulé à notre regard par la composition du peintre.

Résurgences diluées de larmes d’une terre saturée de sang. Quelques gouttes de bleu issues du ciel s’oxydent dans ce versant. Cette colline où rampent des champs de carmin n’est qu’un mirage, le peintre nous invite à une vision que nous devrons mystique pour découvrir ce monde de l’autre versant, de l’envers : philtres protecteurs, peurs exorcisées, pensées magiques pour échapper à quelques monstres, joies sans bruit, caches secrètes, abris silencieux, peuplé si peuplé d’êtres.

Silence à Double Fond

p.r

Réalisme Spéculatif

Technique mixte, acrylique sur toile et pastels à l’huile sur toile, 46x38cm