Deux maisons veillent encore, toits rouges rongés par le temps, posées là comme deux phrases inachevées dans la grammaire du paysage.

Depuis des siècles, personne ne les habite, et pourtant quelque chose demeure ; une respiration lente, minérale, qui circule entre leurs murs crevassés, privés de fenêtres.

Autour d’elles, la terre est rayée, blessée, striée de signes, comme si le sol avait appris à écrire en réponse à leur silence.

Chaque entaille devient une phrase échangée, chaque abrasion, une mémoire partagée.

Le paysage ne les entoure pas, il leur parle, les prolonge, et se dégrade avec elles.

En bas, le rouge éclate, étendue vive, presque violente, sang ancien ou lumière épaissie, surface sans refuge où le regard s’arrête.

Au-delà, une prairie autrefois ouverte, désormais dépouillée de son herbe et de son nom, lieu qui se souvient d’avoir été fertile sans pouvoir jamais le redevenir.

Plus haut, un chemin rouge s’élève, étroit, obstiné, se frayant un passage entre deux montagnes noires.

Il ne mène nulle part, sinon vers sa propre persistance.

Les montagnes ferment l’espace, masses opaques et immobiles, comme si le monde s’était lentement refermé sur lui-même.

Au-dessus, le ciel noir ne promet rien.

Il ne menace pas.

Il constate.

Dans cette obscurité suspendue, les maisons continuent d’exister, sans regard pour les voir, sans voix pour les nommer.

Elles tiennent, simplement, dans l’équilibre fragile d’un monde abîmé, rouges, verts, bleus, vapeurs blanches et noir profond, comme si les couleurs elles-mêmes refusaient de disparaître.

Là où la terre écrit 

p.r

Réalisme Spéculatif

Acrylique sur toile, 24x32cm