Le temps zéro ou mémoires infinies

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“Si on me demande quelle forme a le monde, si on le demande au moi qu’il y a à l’intérieur de moi et qui garde la première empreinte des choses, je répondrai que le monde est disposé sur un grand nombre de balcons qui se penchent irrégulièrement sur un unique grand balcon qui s’ouvre dans le vide de l’air, […] le monde est composé de lignes brisées et obliques, avec des segments qui tendent à déborder des coins de chaque gradin que forment les agaves qui poussent souvent sur le bord, et avec des lignes verticales ascendantes comme les palmiers qui font de l’ombre aux jardins et aux terrasses qui se trouvent au-dessus de là où elles ont pris racine […].”

Italo Calvino, « De l’opaque », La Route de San Giovanni, (trad. J.-P. Manganaro),

Paris, Seuil « Points », 1991, p. 153-154

FAMILIARITÉ PASTORALE
SUR FOND D’ÉTRANGETÉ COSMIQUE

Technique Mixte : acrylique et pastels à l’huile sur toile, 54x65 cm